LA RENAUDIÉ, quartier d'Albi


Photo couverture

Lotissement de La Renaudié (Rue C. de Chardonnet, 15° R.l. Ronsard avec la chapelle bâtiment blanc au fond)

Imprimé en 1000 exemplaires -octobre 92 - imprimerie Graphitarn - ALBI


par Joachim Pierre PALACIN




Le Mot du Président du Comité de quartier de La Renaudié-Viscose :



Nos félicitations Monsieur PALACIN !


Le Conseil d'Administration vous remercie vivement de cette plaquette qui relate avec bonheur votre si intéressante conférence du 3 avril 1992 :"LA RENAUDIE, QUARTIER D'ALBI".

Nous savons que ce travail vous a demandé une longue étude et nous nous réjouissons de son brûlant succès. L'atmosphère chaleureuse de cette soirée restera dans nos mémoires : les visages attentifs et émus de l'auditoire, ce soir-là, montraient l'approbation et le plaisir de chacun, revivant les souvenirs de leur jeunesse.


- "Oh, oui, c'est bien ça !"

- "Je me souviens ..."

- "Je l'ai connu ..."


Ces exclamations fusaient aux quatre coins de la salle dans la joie complice. Nous, les nouveaux (habitant cette cité depuis seulement 10 à 15 ans) avons beaucoup appris sur ce quartier si riche d'histoire : les cités ouvrières, leurs habitudes, leurs loisirs et en particulier leur amour du sport.


Nous ne pouvons qu'être fiers et heureux d'appartenir, comme vous, à la Renaudié. Votre plaquette permettra aux futurs habitants de mieux comprendre et aimer la Renaudié.



Enrico SPATARO







A la demande de mes amis du Comité de Quartier j'ai mené cette étude sur l'histoire de la RENAUDIE. Un peu surprenant quand je pense à mes jeunes années. Pour nous saint-juériens, la Viscose était l'objet de notre hostilité car les côtoiements frontaliers sont, bien souvent, source d'affrontements. Et nous nous lancions dans des batailles pittoresques, armés de bâtons, de frondes et de projectiles de toute sorte.


Certains de nos après-midi de jeudi se passaient en mêlées vigoureuses où nous récoltions bosses, plaies et vêtements déchirés. Même les filles viscosiennes se mêlaient à ces bagarres, nouvelle version de la guerre des boutons. Une d'elles, pour échapper à ses assaillants, se blottit sur un arbre où elle resta jusqu'à la tombée de la nuit. Au loin, elle entendait ses parents qui, furieusement, l'appelaient.


Au retour, nous étions fiers et claironnions nos exploits, mais notre enthousiasme baissait à mesure que nous approchions de la maison familiale car nous nous doutions que nous y attendaient ni félicitations, ni arcs de triomphe.

Pour moi ce quartier revit dans mes souvenirs comme un terrain de rivalités entre bandes de quartier.


Mais la RENAUDIE a changé depuis, si bien qu'avec ma famille je m'y suis installé. Et je m'y plais.




Et si Albi m'était conté ...


On ne peut aborder l'histoire de la RENAUDIE sans parler un peu d'ALBI, la ville à laquelle nous sommes attachés même si les liens sont parfois assez lâches. La naissance d'une ville est souvent le résultat d'une complicité entre l'homme et son environnement, qu'il s'agisse d'une rivière navigable ou d'un site facile à défendre. Ce sont les Celtes et les Ruthènes qui ont donné le visage d'une cité à ALBI.


Mais si l'on veut retrouver les origines de son nom, des personnes aussi qualifiées que le chanoine NEGRE, Jean-Louis BIGET, André BOUSSAC, Jean LAUTIER, Jean ROQUES semblent y avoir perdu leur latin, de "Civitas Albigensium" désignant le centre d'un territoire habité, à "Albius" indiquant une petite forteresse blanche ou "Alp" se disant d'une hauteur.


Tous néanmoins rattachent ALBI à une période très ancienne se situant vers le quatrième siècle. A cette époque, ALBI s'étend du Ruisseau de CAUSSELS où il y a un que, a la butte de CASTELVIEL.

Les Seiqneurs de FOIX, CARCASSONNE, TOULOUSE et l'Archevêque d'ALBI se disputent, les armes à la main, les trois sénéchaussées qui constituent la ville.


Le CASTELVIEL est un peu à part derrière ses fortifications et ne sera rattaché à la ville qu'en 1623. ALBI dispose d'un port au dessous du PUECH DE FALGAYRAC où on construira le Lycée Lapérouse. Cela lui donne une vocation commerciale avec l'appoint d'autres ports fluviaux, le long du TARN, comme ceux de MIRGOUSES à CASTELNAU DE LEVIS, appelé alors CASTELNAU DE BONNAFOUS, de MARSSAC, de MONTANS, de SAINT-JUERY, au lieu-dit FLAUJAC.

Par ces ports transitent le fer travaillé par les Ruthènes extrait des sols d'ANDOUQUE, ALBAN, AMBIALET ; le cuivre de ROSIERES ; le plomb et l'argent de PEYREBRUNE ; les céramiques de MONTANS et même plus tard les vins italiens.


Des voies ou Garnis, certains pavés, aboutissent à ALBI, sillonnés par des chariots à bœufs et des bêtes de somme. On peut aller ainsi à TOULOUSE, en suivant les deux rives du TARN, à CASTRES et NARBONNE, à BEZIERS, à CAHORS, à RODEZ, et le long de la vallée du TARN jusqu'à AMBIALET et GAUFRESENQUE près de MILLAU.




Et la Renaudié ...


ALBI, ville peu peuplée, n'a pas l'importance de TOULOUSE ou RODEZ. Entourée d'une agglomération rurale qui fait sa richesse, l'on trouve déjà, dès l'an 1300, le site .de la RENAUDIE.

D'après l'abbé NEGRE, le nom de RENAUDIE est d'origine occitane. Dans l'occitan, formé dès le 10ème siècle, les noms des lieux peuvent être formés avec les noms de personnes auxquels on ajoute le suffixe ié. On peut penser comme l'érudit chanoine, que la RENAUDIE signifie "Domaine de Renaud".


Dans ce quartier, traversé par la route départementale 100, on n'aurait trouvé, à cette époque, que quelques fermes isolées cultivant le blé, le maïs, le seigle, le millet, le lin, le chanvre, peut être le pastel et, sous l'influence romaine, la vigne. Des six à sept fermes peuplant ce vaste espace, certaines ont aujourd'hui disparu. Sur l'emplacement de l'UNIVERS, il y avait la ferme de CAUSSELS, tenue par la famille JEAN, métayers avant 1789, et s'y succédant jusqu'en 1898 où ils auront leur propre propriété le long de la RD 100.


En 1797, Jean Antoine Pierre Louis CAMPMAS achète cette ferme de CAUSSELS à un certain RIEUVERT, homme de loi. Avocat au Parlement de TOULOUSE, il est déjà propriétaire de mines à SAINT-BENOIT DE CARMAUX, concurrençant la famille de SOLAGES qui exploite de façon industrielle le sous-sol carmausin. C'est en vendant ce bien aux SOLAGES qu'il peut acquérir le domaine de CAUSSELS. Son hostilité aux SOLAGES, mais aussi les idées dont il est animé, le conduisent à rejoindre le groupe Montagnard, lorsqu'il est élu député à la Convention. Il s'oppose à la mise en accusation de MARAT par les Girondins et vote la mort de Louis XVI avec trois autres députés tarnais Lacombe Saint-Michel, Meyer, Alba-la-Source, un moment président de la Convention et guillotiné à 30 ans. Approuvant le Coup d'Etat du 18 Brumaire du Général BONAPARTE, il est promu, en 1801, substitut auprès du tribunal criminel d'ALBI. Il rédige un mémoire pour défendre la désignation d'ALBI comme chef lieu du département contestée par CASTRES.


A la chute de Napoléon, la restauration de la Monarchie menace sa sécurité, car les régicides ne sont pas en odeur de sainteté. Heureusement les Cent-Jours et le retour de I ' empereur le ramènent dans les bonnes grâces du pouvoir et une place de Conseiller à la Cour Impériale de TOULOUSE récompense sa fidélité. La deuxième restauration l'oblige à se terrer dans son domaine de CAUSSELS bénéficiant de la complicité de son métayer JEAN. Mais il est contraint de s'exiler à MILAN en 1816. Il ne revient en FRANCE qu'en 1818 pour y mourir le 27 Avril 1821, à l'âge de 66 ans.




Aubade à la fête




Il y eut aussi un autre CAMPMAS, docteur en médecine à MONESTIES, qui fut également député du TARN à l'Assemblée Nationale Constituante, en 1789.


Parmi les autres fermes, il y a celle de l'Autodrome où est installé le Restaurant "L'Escale", de BAGES, de Melle BLANC, effacée par la rocade, de l'Hôpital léguée, en 1905, par Mr GUIRAUD, Député-Maire de LAVAUR et gérée, un moment par Mr RASCOL, Directeur du Collège qui porte son nom, de Mazars où est né Mr RAHOUX, de la famille JEAN, de Saint-Antoine démolie pour construire le H.L.M., de BOMPART, de BARRAU abritant Récurt spécialiste en chauffage, de CAMPY, bordant le ruisseau, de AT où s'active une association de rééducation.


A cette époque, la vie est dure et monotone. Les moyens de communication limités, les jambes sont souvent le recours pour se rendre aux foires, à l'école, aux fêtes, à la messe. On peut le voir le jogging n'a pas été inventé aujourd'hui.


Les fermes que nous venons de citer ont été construites, entre 1800 et 1900, à part la ferme de CAUSSELS qui existait avant la Révolution de 1789. Construites en terrisse, elles ont supporté la patine du temps, résistant à tous les assauts naturels, ne succombant que sous les coups de bulldozers ou les ravages provoqués par les hommes. Il semble bien, qu'en des temps très éloignés, ne devaient exister sur ces vastes espaces que de vastes étendues de friches et de forêts que notre imagination peut peupler d'animaux sauvages, chassés par des Obélix occitans.


Sur les routes circulent des calèches ou des omnibus hippomobiles. Certains anciens se rappellent le coche du Père ROLLAND dit "le Parisien" exhibant une belle moustache gauloise. C'est aussi le marchand de charbon de SAINT-JUERY. Provoquant la colère des cochers, les enfants, se rendant à l'école, s'accrochent aux pataches. Pour leur repas de midi, ils emportent leur gamelle qu'ils réchauffent sur le poêle de la salle de classe. Après la guerre de 14-18 apparaissent les premiers autocars qui sont des ambulances désaffectées.


Les distractions des adultes sont rares, la perspective quotidienne étant le travail de la ferme qui impose ses exigences. Régulièrement, il y a le coup de main à donner aux voisins, à l'occasion des vendanges ou des dépiquages. La journée des vendanges est une fête joyeuse. Le raisin coupé est porté à la cuve en bois ou en ciment où les hommes le foulent de leurs pieds nus. Pour les battages, une énorme machine s'installe dans les fermes auprès des gerbiers et dans une atmosphère de poussière jaune et un bruit épouvantable, crache d'un côté la paille et de l'autre un grain doré qui, chargé sur de robustes épaules, est monté au grenier. Les enfants gambadent autour du tuyau qui crache des balles piquant leurs jambes.

Tous ces rassemblements sont l'occasion de repas plantureux. Mais les menus ne varient guère d'une ferme à l'autre. C'est la poule farcie préparant un bon potage, les haricots en grains avec beaucoup de couennes, la volaille rôtie, le fromage. Parfois une croustade croustillante égayé ces agapes joyeuses.




Au début du 19ème siècle, quand les moyens de communication se développent, on construit, en 1833, le pont qui traverse le TARN entre ARTHES et SAINT-JUERY, appelé "Pont Causse". D'abord à péage, cet ouvrage sera racheté, en 1899, par le Conseil Général et aucun droit de passage ne sera exigé pour y circuler.


Des travaux pour la navigabilité du TARN sont entrepris entre ALBI et SAINT-JUERY avec édification d'un chemin de halage. La route de VILLEFRANCHE est carrossable et utilisée depuis 1834, alors que la rue de Gérone n'est qu'un chemin de terre. Mais l'événement, c'est l'arrivée du chemin de fer.


En 1857, une ligne relie SETE et BORDEAUX. En 1864, les Albigeois peuvent aller à TOULOUSE par TESSONNIERES. En 1853, le charbon de CARMAUX emprunte la voie ouverte jusqu'à ALBI qui sera prolongée vers RODEZ, en 1905. Une petite ligne romantique conduisant les voyageurs d'ALBI à SAINT-JUERY est mise en service en 1899. Elle ira même à ALBAN. Je me rappelle ce petit train qui passait tous les jours devant ma maison à SAINT-JUERY. Ce n'était pas le TGV, mais j'aimais bien cette locomotive, crachant une fumée noire, tirant poussivement des wagons aux banquettes en bois, faisant entendre ses vibrantes sonneries. Sa disparition, en 1940, gonfla de tristesse nos cœurs d'enfants.


Les paysans pratiquent la double journée, car souvent les revenus de la ferme ne permettent pas de faire vivre la famille. Beaucoup vont travailler au Saut-du-Tarn à SAINT-JUERY, usine métallurgique installée sur la pittoresque et légendaire chute du Saut de Sabo. Une ordonnance royale du 25 mai 1828 de Charle X a donné la permission à deux industriels toulousains GARRIGOU et MASSENET d'exercer leur activité. Puis Léon TALABOT prend leur succession et son nom va désigner la fabrique et la marque de ses outils.



Un jour, une usine ...


Jusqu'en 1900, on ne connaît que les textiles, dits naturels, c'est-à-dire provenant de la culture et de l'élevage. Les plus répandus sont le lin et le chanvre, mais il y a aussi le coton dans le ROUSSILLON, le ver à soie dans le VAURAIS. Pour les teintures, on utilise la garance et le pastel.


Le pastel d'ALBI est très connu. On en parle sous les règnes de François 1er et Henri II. Cette notoriété durera jusqu'au début du 19ème siècle. Le pastel, nom d'origine provençale, est un genre de plante crucifère bisannuelle qui croît dans les lieux arides. Après broyage et fermentation, elle donne une couleur bleu indigo. Elle peut être aussi un excellent fourrage.


Au cours du 19ème siècle, ALBI voit se développer une industrie du chapeau. Les établissements de Joseph MARAVAL, un moment maire d'ALBI, vont occuper près de 1500 ouvriers. Ils favorisent le développement de petits ateliers et le travail à domicile. On évalue à près de 3000 le nombre de personnes qui vivront de cette activité "travailler du chapeau". Il n'est pas exclu de penser que la RENAUDIE a pu être touché par cette occupation.


Avec le déclin du lin et du chanvre se pose le problème de la fabrication de la soie artificielle pour compenser la rareté et la cherté de la soie naturelle. Cela m'amène à évoquer le nom d'un homme qui a joué un rôle majeur dans cette évolution industrielle. Le Comte Hilaire de Chardonnet, né à Besançon en 1839, était physicien et chimiste et son père avait été l'élu de la noblesse aux Etats Généraux de 1789. Sorti de Polytechnique, il avait travaillé avec le grand savant Louis PASTEUR sur la maladie des vers à soie. En étudiant la sécrétion des vers à soie, il lui vint l'idée de tenter d'imiter le travail de la nature pour fabriquer de la soie artificielle. Il vécut 30 ans préoccupé par cette recherche se heurtant à des déboires et beaucoup d'obstacles.


J'ai rencontré, en 1946, un homme qui a travaillé à RENNES sous les ordres du Comte de Chardonnet. Visitant le Saut-du-Tarn, Charles TILLON, alors ministre, nous a parlé de lui comme "d'un homme simple, dédaignant l'argent, passionné par ses recherches poursuivies jusqu'à 83 ans. Courtois et très humain, il était soucieux des femmes et des hommes dont il souhaitait alléger la peine". Le Comte de Chardonnet inventa aussi une machine à tisser et un moteur léger à pétrole destiné à l'aérostation. Des industriels lyonnais voulurent baptiser le textile nouveau "Chardonne" du nom de son inventeur, mais c'est l'appellation de "rayonne" qui fut retenue.


La Société de la Viscose est créée en 1903, complétée par une Société italienne en 1907 et se transformant en 1910 en Comptoir des Textiles Artificiels (C.T.A.). Elle est dirigée par Mr POULARD et les Frères CARNOT, fils du Président de la République Sadi CARNOT, assassiné à LYON en 1894. Après avoir construit une usine à VINARIA REALE, près de TURIN, elle décide d'investir à ALBI. Elle s'installe sur un site occupé par une société des Accumulateurs Alcalins qui devait produire des gaz de combat et rachète quelques hectares avoisinants à cinq petits propriétaires : COUTOULY, GASC, FERAL, LACROUX, CAUSSE. Les travaux sont confiés à Mr DAURE, Architecte, qui fait appel à un ingénieur en béton armé, Mr BERTRAND et un entrepreneur, Mr FRAISSE. Deux artisans albigeois sont sollicités, Mr BONNEFONT .pour l'électricité, Mr LAGREZE pour la menuiserie. En même temps la société construit 3 villas d'ingénieurs, 2 de contremaîtres sur le plateau proche de l'usine, ainsi que les 16 pavillons de 3 logements de la Cité Saint-Antoine. Plus tard, vers 1928, les 8 pavillons de la Cité des Planques compléteront ce patrimoine immobilier.


L'usine est prête à démarrer en 1923. Mais le travail est pénible et dangereux. Dans l'atmosphère délétère de soude régnant dans les ateliers, les ouvriers ont les yeux douloureusement atteints. Je me souviens d'un oncle qui ne put tenir qu'une semaine à ce régime pestilentiel, ses yeux ressemblant à ceux d'un lapin atteint de myxomatose. Aussi des difficultés de recrutement apparaissent qu'on essaye de palier en faisant appel aux pensionnaires de la Prison d'ALBI. Mais la gestion de ce personnel est parfois difficile à assurer. A la fin de l'année 1924, de nombreux ouvriers italiens viennent renforcer les effectifs.


En ITALIE, MUSSOLINI, ayant pris le pouvoir, le régime fasciste fait partir beaucoup d'immigrants vers la FRANCE ou les ETATS-UNIS comme un certain Yvio LIVI qui deviendra plus célèbre sous un autre nom. Et ainsi arrivent à la Viscose les MILANI,. ONESTA, LAZAROTTO, QUARIN, BALLARIO. Mais leur arrivée n'est pas toujours accueillie avec joie, car le racisme que l'on déplore aujourd'hui se manifestait de façon assez vive à l'égard des macaroni, polak ou espagnols qui avaient poux et ventre mou.


Je me souviens, qu'enfant, j'étais angoissé par ces poux qu'on me reprochait de véhiculer et je harcelais ma mère pour qu'elle fasse la chasse à ces bêtes honnies, tandis que de ma petite main, je tâtais mon ventre pour voir s'il était aussi mou qu'on le disait. On ne peut imaginer combien ces calomnies peuvent être sensibles à des enfants. Ces mauvais souvenirs sont oubliés, alors que toutes ces familles sont bien intégrées dans la société. Des Russes blancs sont également embauchés et des noms nouveaux apparaissent comme DIAKOF, ISSAYKINE, TRECHINSKY.


L'usine occupe 1062 personnes, en 1926, mais va connaître des hauts et des bas, avec des périodes d'interruption qui dureront parfois plusieurs mois.


Pour faire le ramassage des ouvriers sur le circuit ALBI, CARMAUX, CAGNAC, un car est mis en service qui effectue aussi le transport scolaire vers l'Ecole Peyrolière pour les filles et Négo-Danos pour les garçons.


Dans la cite, Mme BOUTE installe une petite épicerie qu'elle gère pour le compte de Mr FOURNIALS, gros commerçant albigeois. Elle complète l'approvisionnement assuré par des commerçants ambulants, boulangers, bouchers.



Un événement, le GRAND PRIX.



Circuit des Planques



Mais un grand événement se prépare qui va bouleverser ce quartier. Dans une salle du café des Négociants dont le propriétaire est Mr REVELLI, quelques personnes se réunissent à partir de 1927. Grands amateurs de moto, ils ont en tête le projet d'organiser un rallye. Dans ce groupe, il y a les frères PEYRIERE dont l'un tiendra un magasin de chaussures dans la rue Mariés, Raymond SUDRE, ASSIE, LAFON, SERIEYS, BONNET,RIEUNIER.


Soutenus par le magazine "Moto-Revue" et le Docteur DEVOISINS, Maire d'ALBI, ils créent un club dont le premier. Président sera le pharmacien Henri BOUISSET, bientôt remplacé par le brasseur Albigeois François FLAD. Ces audacieux lancent une première compétition mécanique en 1930. La côte de Mascabrières est choisie. Sur un circuit de 2 kms à escalader deux fois, le départ est donné à FONVIALANE, ouvert aux motos, autos, side-cars. Les moyennes atteintes, 72 kms pour les motos, 75 kms pour les autos, sont assez modestes. Pendant trois ans, ces compétitions vont se dérouler, attirant sur ces pentes escarpées des foules évaluées à 15000. C'est un succès qui encourage les organisateurs et les incite à faire mieux. Un nouveau circuit est envisagé et les yeux se portent vers la RENAUDIE.


Il va emprunter la RD 100 d'ALBI à Saint-Juéry, puis aborder le virage acrobatique et spectaculaire de la Place Coste, pour foncer, le terme n'est pas trop fort car on frôle le 300 à l'heure entre les platanes centenaires sur la route de Saint-Juéry à Montplaisir, puis revenir vers ALBI par la RN 99 qui mène a ALBAN. Cette ronde de forme triangulaire développe neuf kilomètres. Des tribunes en bois sont construites ainsi que deux passerelles qui enjambent, avant et après les tribunes, la RD 100 et la RN 99. Un tunnel cimenté mène au stand des coureurs sous la route où est donné le départ. Par la suite, dans ce tunnel aménagé en vestiaires et même en salle "style Saint-Germain des Prés", les jeunes s'exerceront aux danses modernes dans une ambiance obscure et enfumée au grand dam des braves responsables des sections sportives de l'A.S.A.


Dès le début, ce grand Prix d'ALBI attire les vedettes de la course motocycliste et automobile. VEYRON, SOMMER, VILLORESI, ROSIER, TRINTIGNANT, MONNERET et l'incomparable Juan-Manuel FANGIO viennent à ALBI. Des foules nombreuses descendent des campagnes environnantes pour assister en matinée aux exploits des motards et l'après-midi a celle des autos, parfois même des side-cars.



Circuit des Planques Grand Prix de France 1951



On évalue à 50000 le nombre de personnes qui vibrent à ces spectacles. Sur ce circuit des Planques, les moyennes atteintes sont extraordinaires, dépassant celles des grands prix actuels de Formule l. En auto, en 1953, Juan-Manuel FANGIO atteint 185 kms, 976 à l'heure sur le tour, et MONNERET, en moto, roule à 147 kms à l'heure.



La construction du camp militaire ...


De 1939 date la construction du camp militaire, a l'endroit où s'élèvent, aujourd'hui, le groupe scolaire, le centre FPA, les lotissements KLM des rues Auguste Lumière et Louis Lumière. Il est prévu pour y garder des prisonniers allemands. Mais, ironie du sort et triste destin des armées de la drôle de guerre, aucun prisonnier n'y montrera le bout de son nez.


Alors, on y enferme, un certain temps, des opposants au régime de Vichy. Puis, l'ALLEMAGNE, après avoir occupé la zone sud, s'en sert pour y installer des forces supplétives composées de Mongols et Russes blancs enrôlés de force. La résidence sociale voisine sert au logement des officiers responsables et une sentinelle armée y fait les cents pas, nuit et jour, interpellant les passants qui se rendent à l'usine pour leur travail. Un laissez-passer est obligatoire pour circuler, surtout la nuit. N'ayant pas entendu les sommations, un homme est abattu, au petit matin, sur cette route baptisée Gérone. La réputation de ces troupes n'étant pas des meilleures, un climat d'insécurité règne sur le quartier. Pourtant ces hommes peignirent devant leurs baraques de magnifiques fresques avec du verre, des pierres, de la craie, de la peinture. Cela n'annonçait-il pas de façon prémonitoire notre exposition de peinture ?



La guerre est finie.


Après la Libération, en 1945, la F.P.A. reprend une partie des bâtiments de ce camp pour en faire son école de formation accélérée d'ouvriers qualifiés, ceci étant prévu par une loi de décembre 1946.

Une autre partie échoit aux P .T. T. qui y installent des dépôts de matériel.



L' Estudiantina de La Viscose en 1962



Enfin, à partir du. 1er octobre 1946, 3 à 4 baraquements aménagés donnent naissance à l'Ecole de la Viscose. Mais ce n'est qu'en 1957 qu'est édifié le groupe scolaires. Et, en 1963, un Conseil de Parents d'Elèves (F.C.P.E.) voit le jour et se manifeste avec son loto de Noël et quelques activités culturelles.


Le Groupe Industriel Viscose essaye de retrouver une vigueur nouvelle pour lutter contre la concurrence des synthétiques car la rayonne stagne. Les effectifs n'atteignent plus que 654 et descendent à 530 en 1963. De nouvelles méthodes de travail inspirées du taylorisme sont tentées et ne rencontrent pas toujours une adhésion enthousiaste.


La Résidence sociale est aménagée avec un centre de soins médicaux (Ariette BLAYAC), une salle de réunions pour le 3ème âge et une école de musique prospère, filiale du Mandolin Club Albigeois.


L'année 1945 voit la naissance de l'Association Sportive Albigeoise (A. S. A.) avec une équipe de basket qui enregistre de beaux succès. Le terrain des Planques est créé pour permettre le développement de la pratique sportive : basket masculin et féminin, football, tennis, volley-ball, boules, activités de plein air. Sur l'emplacement apparaissent terrains, logement du concierge, vestiaire, salles de réunion avec des baraquements en bois achetés au Camp de Montech dans le TARN ET GARONNE. La Société de la Viscose réalise un village de vacances à Génouvriers sur la commune de la LONDE DES MAURES entre HYERES et le LAVANDOU. Chaque année des rencontres sportives y sont organisées entre clubs du groupe. Cela rappelle de merveilleux souvenirs à ceux qui y ont participé.


On assiste aussi à la reprise des Grands Prix. François FLAD, blessé à la guerre et amputé d'une jambe, reprend sa place à la tête du club. En 1942, il s'est marié avec Elisabeth ANDRIEU, fille de propriétaires terriens de la RENAUDIE BASSE à SAINT-JUERY, mariage célébré avec un grand éclat dans un SAINT-JUERY LE HAUT où les drapeaux du M.C.C.A. claquent au vent.


Le M.C.C.A. veut frapper un grand coup pour cette reprise. De grands champions répondent aux invitations dont le champion du monde NUVOLARI. Ce Grand Prix va poursuivre ses fastueuses prestations jusqu'en 1953 où un déficit important contraint les organisateurs à modérer leurs prétentions. Un nouveau circuit est choisi. Long de 2 kms 991, il passe par la rue des Trois Buissons et est ouvert à des Monomil, petites voitures gracieuses qui n'ont rien de comparable avec les bolides précédents.


Ne pouvant accepter cette formule dévaluée, le Président FLAD va démissionner et ce Grand Prix continue à vivoter jusqu'en 1960. Mais on garde toujours la nostalgie des grandes courses d'antan.


Sur le stade des Planques, les basketteurs des HARLEM GLOBBE TROTTERS sont venus faire admirer leur talent. Ils étaient accompagnés par Jesse OWENS, un athlète noir prestigieux quatre fois médaillé olympique aux Jeux de Berlin en 1936 sous les yeux furieux d'un certain chancelier qui fit tristement parler de lui par la suite.


Le Tour de France, qui visite ALBI à sept reprises, choisit le circuit des Planques pour juger deux arrivées d'étapes. Le 15 juillet 1953, André DARRIGADE y remporte une des ses nombreuses victoires. Le petit breton Jean ROBIC y perd son maillot jaune. Le 20 juillet 1955, le populaire Dédé enlève encore une fois un sprint magistral, mais c'est pour la deuxième place. Avant lui un grand hollandais DE GROOT a franchi la ligne d'arrivée.



Le Mandolin Club Albi 'section de La Viscose'



Quand vient l'ère des bâtisseurs ...


Avec le souci d'améliorer le logement de ses agents, l'usine entreprend deux actions importantes. D'une part, avec le concours des HLM, elle construit 25 logements réservés à son personnel dans les rues Auguste et Louis Lumière. D'autre part, sur le terrain acheté à la ferme AT, elle réalise la construction de logements avec accession à la propriété. A l'origine, c'est réservé au personnel de l'usine puis petit à petit ouvert à des personnes extérieures : ce sont les rues du 15ème Régiment d ' Infanterie, du nom d'un ancien régiment d'ALBI, la rue Ronsard, le poète de la rosé, la rue de Chardonnet. Commencé en 1951, ce plan va se dérouler pendant plusieurs années et sera inaugurée le 31 mai 1957.


La salle paroissiale et la chapelle sont terminées en octobre 1958. Auparavant les offices religieux étaient célébrés a l'intérieur de l'usine dans une salle mise à la disposition des fidèles.


En passant sous la coupe du Holding Rhône Poulenc en 1962 s'amorce le déclin du groupe C.T.A. gui avait dominé le quartier dans tous les secteurs : économique, scolaire, culturel, sportif, loisirs. On respirait au rythme de l'usine qui dirigeait, avec ses cadres et ingénieurs, les associations existantes. On était imprégné de l'air de la fabrique, du matin au soir, même lorsqu'elle répandait une odeur de choux portée par le vent d'autan et annonciatrice de pluie.


Petit à petit ce carcan va se desserrer avec le développement diversifié du site.


Le long de la rue des Trois Buissons, le Centre F. P. A. se développe préparant à une vingtaine de spécialités qui vont de la métallerie, à la formation polyvalente, à la technique de maintenance et d'automation, à la carrosserie, s'ajoutant à toutes celles du bâtiment. 280 stagiaires occupent des bâtiments modernes et fonctionnels qui remplacent, à partir de 1971, les baraquements vétustés.



Usine de La Viscose



Au bord de la C.D. 100, en avril 1955, apparaît le magasin CAPUS, aménagé à plusieurs reprises, pour se transformer, en 1988, en coquette superette "SUPAC".


Vers 1958 s'installe une coop qui va vivoter jusqu'en 1983 pour laisser la place à un centre de soins d'hémodialyse.


La fin de la guerre d'ALGERIE amène l'entreprise RICCI qui fabriquera du couscous. Elle débute cette activité à la fin de l'année 1963 avec 20 ouvriers et répand dans l ' air une agréable odeur de semoule. Bien que rachetée par les célèbres PATES PANZANI en 1978, elle doit fermer ses portes en 1981, obligeant les 30 agents employés à une mise à la retraite anticipée ou à des reconversions douloureuses. Une seule personne accepte d'émigrer à Marseille, siège de la société. Le vaste atelier RICCI sera récupéré par le Centre F .P.A. qui en fera sa section carrosserie peinture automobile.


En 1965, la Chambre de Commerce d'ALBI acquiert un terrain sur la route de Montplaisir. La Verrerie Ouvrière commence à s'y installer dès 1974, pour quitter définitivement l'Avenue Dembourg qui vit sa naissance en 1896 sous l'égide de Jean Jaurès.


La rocade de l'Arquipeyre et le pont de Cantepau sont mis en service en 1973.


Puis les lotissements commencent à pousser. Le nom de Raymond PLANTEVIN est donné à celui de Saint-Antoine, en 1968. PLANTEVIN, résistant de 23 ans et père de famille a été tué à Teillet alors qu'il participait au harcèlement d'une colonne allemande qui avait traversé ALBI. Celui de Caussels, baptisé Colonel VASSEUR, ancien chef de groupe dans la Résistance, voit le jour à la même époque. En 1971, c'est du nom de "Amiral RIEUNIER" qu'on identifie le lotissement Saint-Antoine bis. Ancien Ministre de la République sous la 3ème République, ce marin s'est rendu célèbre en Albigeois pour avoir organisé avec le Colonel TEYSSIER une manifestation "dite patriotique" contre Jean JAURES qui avait présenté au Théâtre Municipal son livre "l'Armée Nouvelle". On découvre le nom du Docteur BOUYSSIERES, expert psychiatre en médecine légale, au coin Mazars en 1973. L'aménagement de la rue ALLEGRE démarre vers 1975. Victor ALLEGRE a été professeur agrégé d'histoire au Collège RASCOL et présidé aux destinées de la Fédération des Sociétés Intellectuelles du TARN.


En 1973, la plus ancienne ferme, celle de Caussels, disparaît dans un jaillissement d'étincelles beaucoup de bois étant à brûler avant le déblaiement. Mr GALINIER nous a raconté qu'il y faisait des asticots pour les pêcheurs qui allaient taquiner la truite dans les eaux claires du ruisseau de Caussels où se cachaient des écrevisses. Dans cette dernière activité, il avait un concurrent en la personne de Mr BARRAU qui avait pris l'habitude de stocker sa production dans le tiroir de sa table de cuisine. Cela lui évitait de se déplacer quand un client se présentait à l'heure des repas. Mais l'histoire ne dit pas s'il ne lui arrivait pas de mélanger les vermicelles de sa soupe avec les petites bêtes. Sur l'emplacement de la ferme de Caussels s'est implanté MAMMOUTH devenu l'UNIVERS puis GEANT CASINO.


La Maison de Retraite est née en 1970. Agrandie en 1991, elle est inaugurée en 1992 pour devenir une M.A.P.A.D. (Maison d'Accueil pour Personnes Agées Dépendantes)



L'usine change de visage ...


Pour l'usine, le problème de la reconversion se pose avec de plus en plus d'acuité. Le spectre de la fermeture se profile à l'horizon, car depuis 1952, de nombreuses fermetures dans le groupe se produisent comme à ARGENTEUIL, BEAUVAIS, BEZANCON et en 1970 à ARQUES, IZIEUX, VAUX EN VELIN. De 1971 à 1977, les effectifs chutent à 302, entraînant des départs à la retraite et des licenciements. Le 31 octobre 1978, l'arrêt de la fabrication sonne le glas du textile dans l'Albigeois.


Cette situation entraîne une autre conséquence, ressentie dans le quartier, celui de l'arrêt de l'activité sportive de l'A.S.A. et la vente du stade des Planques à l'A.S.P.T.T. d'ALBI.


Le mouvement de reconversion du groupe Viscose-Rhône-Poulenc s ' amorce avec l ' implantation de la société PYRAL qui, associée à la Société Américaine DYSAN, produit des disquettes souples. Le transfert de certains ateliers du groupe Rhône Poulenc permet le développement de l'atelier de mono filaments. Enfin Albichimie, porteur d'une cinquantaine d'emplois, produit des peintures de protection des bois à base de xylophène. Mais ces activités ne resteront pas à l'abri de mouvements qui, cycliquement, agitent l'industrie dans notre pays.


Pendant quatre années, un fabricant d'articles de sport, Austin DAVIS, essaie de maintenir son activité sur le site avec une centaine de salariés. Mais même en s'associant avec le groupe ADAM, il doit renoncer le 31 mars 1983.


Toutes ces activités, souvent fluctuantes et changeant de raison sociale et de propriétaire, ne permettent pas de retrouver le volume et les effectifs des belles années d'antan.



Et le marathon ...


A partir de 1979, un grand événement sportif apporte une animation dans le quartier. Le marathon d'ALBI, fête de la course à pied, traverse la cité avec ses centaines d'athlètes et de nombreux spectateurs enthousiastes lui réservent un accueil sympathique. Et des filles et garçons du quartier y participent faisant admirer ainsi leurs muscles et leur courage.



Et la fête ...


Un quartier se manifeste aussi par les fêtes qu'il organise. C'est après la guerre de 39-45 qu'une équipe de bénévoles va commencer à exploiter cette idée. Durant quelques années, on se réjouira des flonflons de la fête. Mais ces réjouissances ne se déroulent pas régulièrement. Les bals ont lieu à l'actuel rond-point de l'Europe. Les manèges et les baraques foraines s'installent le long de la route des Trois Buissons. La dernière de ces manifestations a lieu sur l'ancien circuit des Planques en 1961. Puis on oublie ces festivités.



Le réveil de la Renaudié, septembre 1988



Jusqu'à un certain 1er mai 1989, où un Comité de Quartier dynamique fait exploser la cité au son du canon. Les manèges recommencent à tourner, les orchestres distillent leur mélodie, devant les baraques foraines grands et petits tentent leur chance. C'est de nouveau la fête. On se réunit pour un repas au magret, on participe allègrement à la randonnée cycliste, on vise le cochonnet à la pétanque, on goûte aux divertissements proposés, et dans une ambiance joyeuse les habitants se retrouvent dans la bonne humeur. Les fêtes du printemps de la Renaudié vont se dérouler pour la quatrième fois et un premier prix décerné par le Comité Départemental des Fêtes du Tarn a reconnu leur qualité. Un Comité de Quartier Imaginatif et dynamique s'est fait sa place sous la baguette de son maestro notre ami Enrico SPATARO. Une maison de quartier, longtemps attendue, devrait voir le jour avant la fin de l'année.



Les jeunes de notre quartier ont animé un char au Carnaval d'Albi en 1992



ET DEMAIN ...


Le Parc de la Renaudié, projet ambitieux de développement, a démarré en 1986. En cours de réalisation, il donnera au quartier un nouveau visage.


Au début du siècle, quelques sept familles vivaient ici avec une cinquantaine de personnes. Aujourd'hui 900 foyers y rythment leur vie. ALBI et SAINT-JUERY se touchent. La vie éclate de tous côtés.


En terminant, je voudrai exprimer ma reconnaissance à tous les anciens qui m'ont réservé un accueil émouvant en évoquant leurs souvenirs : Melle BLANC, Mmes JEAN, LACOMBE née BOUTE, ALARCON, Mrs BOMPART, RAHOUX, GALINIER, BEZIN. L'étude de Mr Albert BESOMBES m'a été précieuse ainsi que le beau livre de Bernard PELISSIER sur le Grand Prix d'ALBI et celui de Jean-Louis BIGET et son équipe sur "l'histoire d'ALBI".


Nous sommes au bout de notre voyage. Au cours de ce cheminement on a découvert un peu de l'histoire de notre pays, petit ruisseau qui se jette dans le grand fleuve de l'histoire du monde. Et concluons avec ce poème de René ROUQUIER :



"Le paysan aime sa terre

Sa terre qu'il tient de son père.

Il a vu la ronde des jours

Auprès de l'âne et de la vache

Et les ans lui deviennent lourds

Alors il part, point ne se fâche,

Vers le petit clos où ses morts

Après leur épuisante tâche

Dorment sans peur et sans remords".





Le 3 avril 1992.